Billet d'humeur

Partir et tout laisser derrière…

Destinés à parfaire aux normes du jeune couple marocain ”stable et confortablement bien installé”…et s’apprêtant à commencer l’inévitable et l’ultime cercle vicieux : Dar – drari (maison et enfants). Voilà que l’idée folle de tout quitter et de recommencer à zéro nous prend. Est-ce notre soif non encore assouvie des aventures ? Est-ce notre refus du rythme de vie qui nous attendait ? Est-ce notre peur d’abandonner un rêve d’enfant ? Est-ce un caprice ? Est-ce notre envie d’un avenir meilleur pour nous et notre progéniture (future) ? Nous traiterons dans un autre article les raisons qui nous ont poussé à faire ce grand pas. Pour l’instant, parlons des réactions de notre entourage oh combien nombreuses lorsqu’on leur a annoncé la nouvelle :

La plupart (les plus proches) ont accueilli cette décision avec autant d’enthousiasme et d’excitation que nous, -certainement parce qu’ils nous connaissent assez bien pour savoir que nous aspirons vers ce projet depuis des années-. Cela dit nous avons eu un malin plaisir à noter une liste (encore) de questions qui reviennent très souvent dans nos discussions, et auxquelles on répondait toujours avec beaucoup de plaisir.

  • Que ferez-vous de vos meubles ? 

Puisque nous sommes des fans de déménagement, nous n’avons pas énormément investi dans les meubles durant ces années, il faut dire que notre décoration se résumait à …pas grand chose, nous allons donc tout transférer dans la maison des parents, histoire d’avoir notre petit coin perso quand on reviendra pour les vacances (ou pour de bon) et nous donnerons tout ce qu’on ne pourra pas faire entrer à la maison.

  • Et que ferez-vous de vos emplois ? 

Yassine a déposé en sautillant et sans cacher sa joie, sa lettre de démission . Le fait qu’il n’était pas épanoui dans son travail, n’est un secret pour personne maintenant. C’est donc avec impatience et grand enthousiasme qu’il s’apprête à explorer toutes les possibilités que notre nouvelle terre d’accueil va lui offrir.

Pour ma part, j’ai dû quitter, le coeur très lourd mes 2 fonctions que j’aimais énormément. (enseignante à mi temps, et project manager à l’autre mi temps). S’il existait une option qui me permettrait d’enseigner à distance, je l’aurais saisi…mais je suis bien trop curieuse de ce que cette expérience pourra m’apporter de nouveau, que je préfère prendre “le risque 🙂 ”

  • Et que feras-tu de ton doctorat ?

Là on arrive à ma question préférée: durant toutes mes années de recherches je maudissais le fait qu’on soit – en tant que thésards- livrés à nous même et travailler à notre propre rythme…le jour est venu où je remercie le ciel pour cette option. Je continuerais donc à rédiger ma thèse tranquillement, même à 5000 Km plus loin, et le jour où je serais prête (je ne devrais pas dépasser un délai de 2 ans bien entendu), je reviendrais pour ma soutenance. No stress les amis.

  • Et que ferez-vous de votre stabilité, et votre confort ici ?

Confort vous dîtes ? Je pense que tout le principe de l’immigration est justement de sortir de cette zone de confort, et de pousser toutes ses capacités au maximum, pour se rendre compte jusqu’à quel point sommes-nous capables d’arriver, si on se donne les moyens.

Une des raisons de notre départ du Maroc est de saisir l’occasion que nous offre la vie d’explorer de nouvelles pistes. On ne vit qu’une fois, ça serait triste de se contenter de prendre “ce qui se trouve devant nous, non ?

J’ai laissé la meilleure pour la fin :

  • Mais vous êtes prêts à laisser vos parents et quitter ? 

J’avoue que cette question avait le défaut de m’agacer à chaque fois qu’on me l’a posait , car elle remuait le couteau dans la plaie. Je vous rappelle que quand on avait fait la liste des Pour et contre de ce projet, le seul inconvénient qui apparaissait en filigrane était la distance avec notre famille !

Donc oui, merci de me rappeler que je suis une personne froide/ sans coeur/ égoïste qui va abandonner sa famille, et s’envoler vers un inconnu incertain qui est non à 1000, ni 2000, mais 5000 Km plus loin et 4h de décalage horaire.

Mais l’objectif  de tous les parents du monde n’est-il pas de voir leurs enfants heureux, et épanouis ? Nous avons Yassine et moi beaucoup de chance d’avoir des parents qui nous l’ont prouvé en étant derrière nous depuis le début de ce périple, nous encourageaient quand on doutait, et croyaient en ce projet tout autant que nous.

Pour répondre à cette question, je dirais que nous comptons sur la magie d’internet, pour ne pas ressentir le poids de cette distance. Et pour avoir un vrai câlin, nous avons déjà planifier la date où ils viendront chez nous 🙂

 

Et vous ? Quelles sont les questions que vous voulez nous poser ?

 

 

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1 Comment

  1. Rien à rajouter, vous avez TOUT dit !

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